Les sneakers rétro n’ont jamais autant aimé les maisons de luxe… et inversement ! Pour sa première collaboration connue dans ce registre sous la direction de Michael Rider, Celine s’associe à Reebok autour d’une silhouette née dans les années 1980. 

La Freestyle Lo change de matière, de palette et de statut, sans renier ses racines sportives. Le résultat pourrait séduire ceux qui aiment les pièces à forte histoire, mais aussi les sneakers addicts toujours à l’affût du prochain modèle convoité.

À retenir
  • La Celine x Reebok Freestyle Lo sortira le 10 septembre 2026 sur Celine.com et dans une sélection de boutiques.
  • Cette version adopte un cuir d’agneau, un logo Reebok revisité et huit coloris, dont Optic White, Dark Brown et Fluo Red.
  • L’édition spéciale « Alldayeveryday » sera disponible uniquement chez Celine Wooster et Celine Omotesando.

Quand l’icône fitness de 1982 s’invite dans les rues de Paris

Avant de devenir une référence du vestiaire casual, la Reebok Freestyle Lo s’est fait connaître dans la culture fitness. Lancée en 1982, elle est considérée comme la première chaussure de sport conçue spécifiquement pour les femmes. Sa coupe basse et ses panneaux minimalistes lui ont permis de sortir progressivement des salles de sport pour rejoindre la mode quotidienne.

Cette histoire intéresse Celine, qui ne cherche pas à transformer radicalement la silhouette. La maison française conserve l’esprit de la Freestyle Lo tout en lui apportant une lecture plus élégante. Le projet repose sur la rencontre entre l’héritage sportif américain de Reebok et l’identité parisienne de Celine. La formule choisie par la maison résume cette intention : « heritage two ways: Paris street, American movement ».

La sneaker avait été dévoilée en juin lors du défilé masculin printemps 2027 de Celine à Paris. Cette présentation avait une portée particulière, puisqu’elle accompagnait les débuts de Michael Rider dans la mode masculine de la maison. Nommé directeur artistique en octobre 2024, il installe ici une direction qui ne sépare pas strictement les références sportives, les codes parisiens et les éléments plus habillés.

La Freestyle Lo devient ainsi une pièce de transition. Elle peut rappeler l’esthétique fitness des années 1980, tout en trouver sa place avec un pantalon droit, un denim sobre ou une silhouette de tailoring plus décontractée. C’est précisément ce décalage entre mémoire sportive et vestiaire contemporain qui lui donne un intérêt au-delà du simple logo apposé sur une chaussure classique.

Du suède au cuir d’agneau : les détails qui changent tout

La modification la plus visible concerne la matière. La version historique était réalisée en suède, tandis que la collaboration Celine x Reebok adopte un cuir d’agneau. Ce choix donne à la Freestyle Lo une apparence plus raffinée et une présence plus souple, en accord avec le positionnement de la maison. La construction reste fidèle à la silhouette basse et à ses lignes épurées, mais la finition change clairement la perception de la paire.

Le branding bénéficie lui aussi d’un traitement spécifique. Le logo Reebok Classic est revisité sur la languette, avec un détail perforé qui lui apporte une signature propre à Celine. Le résultat ne cherche donc pas l’effet spectaculaire. Il joue plutôt sur la précision, ce qui correspond à une approche plus discrète de la sneaker de luxe.

La palette annoncée couvre plusieurs registres. Elle comprend les coloris Optic White, Black, Butter, Beige, Peanut, Dark Brown, Oxblood et Fluo Red. Les tons neutres permettent une intégration facile dans une garde-robe masculine, tandis que l’Oxblood et le Fluo Red donnent davantage de relief. Ce dernier reprend une teinte déjà remarquée dans les propositions récentes de Michael Rider pour Celine.

Cette sortie s’inscrit dans une gamme où la sneaker dialogue avec d’autres familles de chaussures : ballerines lacées, chaussons ultra-plats, bottes, sandales et mocassins bicolores. Pour un homme qui souhaite mieux s’habiller sans revoir toute sa garde-robe, une paire comme l’Optic White ou la Dark Brown peut jouer le rôle de pièce incontournable, à condition de laisser la chaussure respirer avec des vêtements aux volumes simples.

Le prix n’a pas encore été communiqué officiellement. La Freestyle Lo originale coûtait 75 dollars, tandis que certaines sneakers Celine récentes, comme les ballerines lacées portées par Billie Eilish, se sont vendues autour de 1 000 dollars. L’écart donne une idée du débat qui pourrait accompagner cette collaboration : jusqu’où une matière premium et une signature de maison peuvent-elles faire évoluer la valeur d’une silhouette sportive historique ?

La commercialisation est prévue le 10 septembre 2026 sur Celine.com et dans une sélection de boutiques. L’édition « Alldayeveryday » sera disponible exclusivement chez Celine Wooster et Celine Omotesando. Cette distribution ciblée renforce l’intérêt de la sortie, sans que le prix ni tous les détails de disponibilité aient encore été précisés.

Source: DR

Une simple sneaker rétro ou le prochain phénomène du street style ?

La Celine x Reebok Freestyle Lo arrive dans un contexte favorable aux rapprochements entre maisons de luxe et marques sportives. En 2026, les associations entre Miu Miu et New Balance, Loewe et On, Cecilie Bahnsen et Asics ou Nike et Jacquemus montrent que la sneaker ne se limite plus à la performance. Elle devient un terrain de dialogue entre héritage, design et désir de rareté.

Le choix de la Freestyle Lo est particulièrement lisible. Plutôt que de miser sur une forme futuriste, Celine s’appuie sur une silhouette déjà identifiée. Son intérêt repose sur la mémoire du modèle Reebok de 1982, le cuir d’agneau, la palette de huit coloris et l’intervention de Michael Rider. Pour les collectionneurs, cette combinaison peut peser davantage qu’une transformation radicale de la chaussure.

Le modèle pourrait aussi trouver rapidement sa place dans le street style new-yorkais, avant d’apparaître autour des défilés de la Fashion Month à Paris. La Freestyle Lo possède le bon équilibre pour cela : assez reconnaissable pour attirer l’œil, mais suffisamment sobre pour s’intégrer à une silhouette complète. Le coloris Optic White accompagnera facilement un pantalon noir ou un jean, tandis que le Fluo Red demandera une tenue plus calme.

Cette collaboration illustre surtout une évolution du marché. La sneaker de luxe ne cherche plus seulement à afficher une innovation technique. Elle mise aussi sur l’histoire d’un modèle, la qualité perçue d’une matière et la force d’une association entre deux univers. Dans le cas de Celine et Reebok, le passé de la Freestyle Lo rencontre une nouvelle impulsion parisienne, avec une proposition qui s’adresse autant aux amateurs de mode qu’aux passionnés de chaussures.

La Celine x Reebok Freestyle Lo reste donc fidèle à l’essentiel : une coupe basse, une ligne reconnaissable et une origine sportive forte. Le cuir d’agneau, le logo revisité et les huit coloris suffisent à modifier son statut. Elle n’est plus seulement une sneaker rétro : elle devient une pièce de vestiaire capable de raconter une époque tout en accompagnant la silhouette masculine actuelle. La question sera désormais simple : les sneakers addicts préféreront-ils la discrétion de l’Optic White ou l’impact du Fluo Red ?