Kyoto fait rêver par ses temples et ses jardins millimétrés. Mais la réalité, c’est aussi des files interminables, des ruelles saturées et un bol de matcha dégusté en compagnie de dizaines de perches à selfie. Résultat : beaucoup de voyageurs repartent frustrés. Alors, où retrouver ce Japon raffiné que l’on espère tous découvrir ? Réponse : à Kanazawa, une ville de la côte ouest, encore épargnée par le tourisme de masse et riche d’un patrimoine intact.
Une cité préservée, loin de la frénésie de Kyoto
Kanazawa a été épargnée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, ce qui explique l’excellent état de conservation de ses quartiers historiques. Dans Nagamachi, ancien fief des samouraïs, on déambule entre murs en terre (tsuchikabe), caniveaux et petites ruelles où le temps semble suspendu. En hiver, ces murs sont recouverts de nattes de paille pour les protéger de la neige : une image saisissante de carte postale.
Plus loin, les quartiers de Higashi Chaya, Nishi Chaya et Kazue-machi rappellent l’époque Edo. Les maisons de thé en bois sombre s’illuminent à la tombée de la nuit, quand les lanternes s’allument. Ici, quelques geigi (geiko) perpétuent encore leur art, et certains soirs, des spectacles sont accessibles au public. Une atmosphère feutrée, bien loin de l’agitation de Kyoto.
Kenroku-en et autres trésors
Impossible de visiter Kanazawa sans flâner dans le Kenroku-en, l’un des Trois grands jardins du Japon. Ce chef-d’œuvre paysager sublime chaque saison : cerisiers au printemps, érables flamboyants en automne, pins centenaires sous la neige en hiver. Certes, le lieu attire de nombreux visiteurs, mais tôt le matin ou en semaine, il conserve une ambiance contemplative.
Kanazawa se distingue aussi par son artisanat unique. La ville concentre environ 99 % de la production japonaise de feuille d’or. On la retrouve dans les ateliers, sur des objets décoratifs… et même sur des glaces ! Ajoutez à cela les poteries de Kutani, les kimonos teints à la main et les machiya rénovées, et vous obtenez un panorama complet du savoir-faire local.
Et puis, il y a le marché Omicho : plus de 300 ans d’histoire et près de 170 échoppes débordant de produits frais de la mer du Japon. Crabes, crevettes amaebi, oursins… L’endroit se savoure aussi bien sur le pouce qu’attablé dans un petit restaurant du marché.
Kanazawa au rythme des saisons
L’avantage de Kanazawa ? Chaque saison a son charme :
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Printemps : douceur et floraison des cerisiers.
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Été : festivals et feux d’artifice.
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Automne : érables en feu et lumière dorée.
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Hiver : jardins enneigés et murs de paille protecteurs.
Pas besoin de courir : la ville est à taille humaine, parfaite pour la marche.
Infos pratiques : comment s’y rendre
Depuis mars 2024, l’extension du Hokuriku Shinkansen a simplifié l’accès :
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Kyoto → Kanazawa : environ 1 h 55 à 2 h (train Thunderbird jusqu’à Tsuruga puis Shinkansen).
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Tokyo → Kanazawa : environ 2 h 25 avec le Kagayaki (jusqu’à 2 h 50 avec d’autres trains).
Une fois sur place, tout se fait à pied ou en bus local.
Expériences immersives à ne pas manquer
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Dormir dans un ryokan ou une machiya rénovée, avec futon, bain chaud et petit-déjeuner raffiné.
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S’initier à la feuille d’or dans un atelier artisanal.
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Participer à une cérémonie du thé dans une maison historique.
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Assister à une illumination du Kenroku-en ou à une fête locale pour vibrer au rythme de la ville.
Kanazawa, la pépite à explorer sans attendre
Un thé matcha dans une maison de Higashi Chaya, un petit-déjeuner au marché Omicho, une balade au Kenroku-en ou un atelier de feuille d’or : Kanazawa ne manque pas de charmes. Mais son vrai luxe, c’est de permettre encore une découverte du Japon sans bousculade et sans filtre touristique.
Avant que la foule ne s’y précipite, Kanazawa mérite d’être explorée. Car le Japon ne se résume pas à Kyoto ou Tokyo. Et c’est souvent dans ces villes plus discrètes que l’on trouve ce que l’on cherchait depuis le début : de l’authenticité, de la poésie et ce fameux sens du détail qui fait tout le charme du pays.
