Entre clichés d’Instagram et files sur la route de Positano, la côte amalfitaine s’est imposée depuis des années comme la superstar méditerranéenne. Mais à mesure que la notoriété grimpe, la facture aussi. Résultat : hébergements hors de prix, plages bondées sous le soleil de l’automne, tables saturées et, l’air de rien, moins de charme exclusif. Bref, la dolce vita à l’italienne, tout le monde la veut, mais à ce prix et au coude-à-coude, on commence à regarder ailleurs – et ça tombe bien, car la Méditerranée a plus d’un as dans sa manche. Voici ces adresses qui combinent authenticité, belles plages et paisibilité, sans exiger de vendre un rein pour un spritz les pieds dans l’eau.
Envie de dolce vita sans la foule : cap sur des rivieras secrètes
La côte amalfitaine séduit depuis toujours mais, en 2025, rares sont ceux qui ignorent son revers. L’affluence estivale s’étend désormais jusqu’en novembre, les parkings s’envolent, et même hors pique-saison, difficile d’échapper aux cars de touristes. Exit l’idée de vacances décontractées façon local. La légendaire douceur de vivre italienne, elle, se déniche un peu plus à l’est ou au sud, là où le ratio qualité-prix et sérénité reste imbattable.
Sous oublier l’ambiance carte postale : plages ou criques ourlées de pins à perte de vue, villages blancs accrochés à la montagne, mer turquoise et ruelles pavées qui rappellent irrésistiblement l’Italie, mais sans les inconvénients. Ici, pas d’effet “troupeau” : on discute avec les pêcheurs, on s’installe en terrasse sans réserver trois jours avant, et les ruelles restent accessibles aux flâneurs.
Pour beaucoup, ces coins proposent le vrai bon filon : tarifs raisonnables, soleil jusqu’à mi-novembre, tables gourmandes, culture préservée, et la possibilité d’organiser une échappée familiale, romantique ou entre potes sans (trop) surveiller le budget. Bref, tout pour rappeler pourquoi la Méditerranée fait chavirer – et pourquoi une nouvelle génération de voyageurs délaisse Amalfi pour d’autres horizons.
Riviera croate : une perle discrète à deux pas de la France
Il suffit d’un vol court ou d’une virée en voiture pour s’offrir la côte croate, et particulièrement la Riviera de Makarska. Sur 53 km entre Baćina et la baie de Vrulje, villages de charme voisins d’une mer cristalline s’étirent au pied du massif Biokovo. Cet écrin naturel, moins saturé que les plages italiennes, se révèle en automne, bien après les départs en masse des vacanciers du Nord.
Brela affiche une plage classée parmi les plus belles d’Europe : Punta Rata, 6 km de ruban clair ombragé de pins et surplombé par les montagnes. Même topo à Makarska, où l’on retrouve l’incontournable plage de Cvitačka : eaux bleu électrique, galets et sable, brise marine, bars décontractés et activités sportives pour tous niveaux. L’ambiance y est décontractée, l’accueil chaleureux, le rapport qualité-prix difficile à battre – on s’autorise volontiers une grillade de poisson sur le port ou une bière locale face aux îles de l’Adriatique, sans jeter un œil angoissé à l’addition.
Pas question de s’ennuyer : marchés animés à Split chaque samedi, balades le long de l’esplanade Riva, clubs, excursions en bateau vers les îles confidentielles comme Mljet (sauvage), Vis (authentique et savoureuse), Brač (sports nautiques), Hvar (cool et festive)… L’automne adoucit la lumière, l’eau reste agréable jusqu’à fin octobre, et le climat méditerranéen maintient une température idéale pour les activités au grand air. En prime, aucun embouteillage sur la route du retour de plage.
Côté pratique : accès simple via l’aéroport de Split, hébergements abordables, de la villa avec vue à l’appartement familial. Et à cette période, oublier la réservation-harcèlement : du choix, des bonnes adresses, une vraie liberté. Idéal pour capter le soleil d’automne, tout en évitant la cohue et les pièges à touristes.
Cefalù, joyau sicilien : la dolce vita authentique loin des sentiers battus
La Sicile, c’est vaste, mais Cefalù se taille la part du lion quand il s’agit d’allier charme, histoire et dépaysement. Nichée au pied de la Rocca, ce promontoire de 200 mètres, la ville déroule ses ruelles médiévales, ses places vivantes et sa grande plage urbaine au sable doré, peu fréquentée hors saison. En octobre-novembre, les températures permettent bronzage et baignade sans être dérangé par un voisin de serviette toutes les deux minutes.
Ici, on redécouvre l’Italie hors clichés, avec un goût de vrai : cathédrale du XIIe siècle classée par l’UNESCO, cafés authentiques, trattorias généreuses. Côté assiette, la cuisine locale régale : arancini dorés, poissons grillés, vins siciliens, sans oublier le mythique granité citron ou la cassata pour finir le repas. Les îles Éoliennes sont à une heure en bateau pour les amateurs de paysages volcaniques, Taormine et Palerme se visitent facilement à la journée, le tout, sans stress et avec l’impression d’avoir découvert une autre Sicile.
Du pratique, rien que du pratique : depuis Palerme (facilement accessible de France), un train dessert Cefalù en 50 minutes. Location de voiture conseillée pour rayonner autour du village, mais pas indispensable pour profiter des plaisirs du centre piéton. En cette saison, les hébergements affichent encore d’excellents rapports qualité-prix, avec bon nombre de chambres vue mer disponibles. Et s’il venait à faire un brin frais, la randonnée jusqu’en haut de la Rocca ou la visite du marché couvert réchauffent sans problème.
Prendre le large dès maintenant : le vrai luxe de voyager autrement
Choisir ces coins secrets, c’est s’offrir un vrai luxe : celui de profiter d’une Méditerranée intimiste, de souvenirs qui ne ressemblent pas à ceux de tout le quartier, et surtout du temps pour soi, entre amis ou en famille. Finies les arnaques à la réservation en urgence, les menus hors de prix et la recherche infructueuse d’un coin tranquille sur le sable : ici, on goûte à la simplicité et à la liberté… à prix raisonnable.
Pour profiter au mieux, quelques conseils : privilégier l’automne, quand l’eau reste tiède mais les foules ont déserté ; réserver les billets dès maintenant pour profiter des tarifs avantageux ; rester flexible sur les dates et les types d’hébergement. Pensez aussi à mixer quelques excursions vers les îles croates ou éoliennes pour varier les plaisirs, et n’hésitez pas à pousser vers l’intérieur des terres pour déguster la vraie cuisine locale à mille lieues du menu “touriste”.
Envie de prolonger l’expérience ? Brač la sauvage, Hvar la festive, ou Noto en Sicile pour les amoureux de baroque : petits détours, grandes découvertes. Et qui sait, ces rivieras “secrètes” deviendront peut-être le nouveau repaire à la mode (ou pas… gardez le secret, tant que possible).
À l’heure où le soleil d’automne est encore au rendez-vous sur la Méditerranée et que beaucoup songent déjà à leur prochaine escapade, il existe des alternatives à la côte amalfitaine capables d’allier confort, authenticité et tranquillité. Que l’on rêve de la Riviera croate ou de Cefalù, il suffit parfois d’oser regarder un peu plus loin sur la carte pour tomber sur LA perle rare. Finalement, n’est-ce pas là le vrai luxe des voyages : dénicher de nouveaux horizons alors que tout le monde regarde au même endroit ?
