Un rappeur coréen qui pose ses valises dans une villa vénitienne du XVIIe siècle pour dessiner des sneakers : voilà le genre de scène qu’on n’imaginait pas croiser en ce début d’automne. Et pourtant, c’est exactement ce qui vient de se produire avec Changbin, membre du groupe Stray Kids, devenu depuis février 2026 le premier ambassadeur mondial de la marque italienne Autry. Le résultat de cette rencontre entre héritage transalpin et énergie K-pop prend la forme d’une capsule rose et noire qui devrait faire vibrer aussi bien les amateurs de sneakers pointues que la communauté de fans du groupe.
Quand un rappeur coréen s’invite dans une villa vénitienne du XVIIe siècle
Le siège d’Autry n’a rien d’un bureau standard : une villa vénitienne du XVIIe siècle, méticuleusement restaurée, qui sert de décor à toute la campagne de cette collaboration. C’est dans ce cadre chargé d’histoire que Changbin a passé du temps avec l’équipe de design, entre les paysages de la lagune de Venise et l’hospitalité italienne. La marque décrit ce dialogue créatif comme une véritable rencontre entre deux univers : d’un côté, le savoir-faire et l’héritage du design italien, de l’autre, l’énergie vibrante de la culture K-pop portée par Changbin. Le chanteur, auteur-compositeur et producteur, membre de Stray Kids depuis 2018 aux côtés de Bang Chan, Lee Know, Hyunjin, Han, Felix, Seungmin et I.N., y a trouvé un terrain d’expression inattendu, loin des scènes et des clips.
Roberta Benaglia, à la tête d’Autry, décrit Changbin comme le symbole d’une nouvelle génération de talents mondiaux, ancrés et authentiques. Une manière de justifier ce choix d’ambassadeur qui, sur le papier, pouvait sembler audacieux pour une maison de sneakers née dans les années 1980 sous l’impulsion de Jim Autry.

Medalist, Hyperway et dwaekki : la garde-robe rose et noire qui devrait faire mouche
Au cœur de cette capsule, deux silhouettes emblématiques de la marque. La Medalist, modèle best-seller inspiré des années 1980, se pare d’un cuir blanc épuré, réveillé par la fameuse queue de dwaekki en rose sur la semelle extérieure et par des détails assortis sur les lacets. Ce dwaekki, créature stylisée mi-lapin mi-cochon, est devenu un signe de reconnaissance immédiat pour ses fans à travers le monde. La Hyperway, version urbaine et contemporaine lancée en 2024, joue quant à elle la carte du noir monochrome, ponctué de touches roses au talon et sur la semelle, un clin d’œil à l’énergie de la vie en ville.
La capsule ne se limite pas aux sneakers : elle intègre aussi un vestiaire de prêt-à-porter oversize, pensé pour le quotidien. Sweats à capuche zippés en noir ou bordeaux, T-shirts blancs ou noirs, casquette et chaussettes côtelées complètent l’ensemble, tous brodés du symbole signature de Changbin. Chaque pièce est accompagnée d’un logo inédit, où l’artiste a glissé son célèbre visage souriant directement dans la lettre U du mot Autry, une signature graphique immédiatement identifiable par sa communauté.
Un mot sur l’entretien, pour ceux qui craquent pour la Medalist blanche : le cuir clair marque vite si on ne le protège pas. Un coup de brosse douce après chaque sortie et un imperméabilisant appliqué avant la première utilisation suffisent à garder la silhouette nette plus longtemps, sans avoir à ressortir la paire tous les week-ends pour un nettoyage en profondeur.


Une capsule qui annonce peut-être une nouvelle ère pour la sneaker italienne
Cette collaboration ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large d’Autry, qui cherche à renforcer sa présence à l’international en s’associant à des figures culturelles capables de porter son image au-delà du cercle des amateurs de sneakers italiennes. Autry mise ici sur l’aura mondiale de la K-pop pour toucher un public plus jeune et plus connecté, sans renoncer à son ADN artisanal.
Reste que le choix d’un rappeur comme codesigner, et non simple visage de campagne, change la donne. Changbin n’a pas seulement prêté son image : il a façonné le logo, choisi les couleurs, imposé son dwaekki jusque dans les moindres détails. Une manière de rappeler qu’une bonne collaboration ne se limite plus à coller un nom connu sur un produit existant, mais qu’elle suppose un véritable dialogue créatif entre deux univers.
Entre l’héritage vénitien d’Autry et l’énergie débordante de Changbin, cette capsule rose et noire raconte surtout une chose : la mode masculine continue de piocher ses influences là où on l’attend le moins. Alors que la rentrée s’installe et que les vestiaires se réchauffent doucement, difficile de savoir si cette rencontre entre sneaker italienne et K-pop restera un coup d’éclat isolé ou si elle inspirera d’autres maisons à sortir de leurs sentiers battus.


