Trois séances hebdomadaires. Douze mois de squats. Et pourtant, ce sont mes cuisses qui ont pris du volume, pas mes fessiers. Cette histoire, je l’entends chaque semaine en salle, surtout auprès de mes clients qui pensaient bien faire en enchaînant les séries. La vérité, c’est que le squat classique n’est pas l’exercice roi pour les fesses. Il est même souvent piégeux, car un muscle beaucoup plus bavard vole la vedette à celui qu’on cherche à travailler. Décryptage d’un malentendu très courant, et surtout, la marche à suivre pour enfin voir des résultats visibles à l’arrière.
Pourquoi vos squats musclent vos cuisses plutôt que vos fesses
Le squat est un mouvement fantastique, mais il n’est pas spécifiquement ciblé sur les fessiers. Quand vous descendez et remontez, ce sont surtout les quadriceps (l’avant des cuisses) qui prennent en charge l’effort, à moins d’avoir une exécution très précise. Résultat : à force de répétitions, ce sont eux qui s’hypertrophient, pendant que le grand fessier reste largement sous-sollicité.
Plusieurs erreurs classiques renforcent cette dominance des quadriceps :
- Un buste trop vertical, qui reporte tout le travail sur l’avant des cuisses.
- Une descente peu profonde, qui n’étire jamais réellement les fessiers.
- Des genoux qui partent en avant avant même que les hanches ne reculent.
- Un pied qui pousse sur la pointe plutôt que sur l’ensemble de la voûte et le talon.
Ajoutez à cela des séances de fessiers principalement composées d’exercices légers aux élastiques (kickbacks, clamshells, abductions au sol), et vous obtenez la recette parfaite pour stagner. Les élastiques ont leur intérêt en échauffement ou en finisher, mais ils ne suffisent pas à créer une réelle prise de volume musculaire.
La méthode qui recentre enfin le travail sur les fessiers
Pour que les fesses prennent le relais, il faut privilégier des mouvements où la hanche s’étend sous charge. Autrement dit, des exercices où le fessier tire réellement contre une résistance progressive. Le champion incontesté : le hip thrust. Dos calé contre un banc, barre sur les hanches, on pousse le bassin vers le plafond en serrant fort les fesses en haut. C’est mécaniquement l’exercice le plus efficace pour cibler le grand fessier.
Autres alliés précieux à intégrer dans une routine hebdomadaire :
- Le soulevé de terre roumain : jambes légèrement fléchies, on descend la barre le long des jambes en poussant les hanches en arrière. Sensation directe dans les ischios et les fessiers.
- Les fentes bulgares : pied arrière surélevé, on descend en gardant le buste légèrement penché en avant pour recruter davantage la fesse.
- Le squat à barre basse ou en low bar : buste plus incliné, hanches qui reculent franchement, profondeur complète.
Et surtout, la surcharge progressive reste la clé. Ajoutez du poids semaine après semaine, même modestement. Un fessier qui n’a jamais soulevé plus de 5 kg d’élastique ne peut pas grossir. On parle bien de muscle : il obéit aux mêmes règles que le pectoral ou le biceps.
Dernier élément souvent négligé : l’apport en protéines. Pour construire du muscle, il faut viser au minimum 1,6 gramme de protéines par kilo de poids de corps et par jour. Pour une personne de 65 kg, cela représente environ 105 grammes quotidiens, à répartir sur les repas. Sans ce carburant, la meilleure programmation du monde ne donnera rien.
Le mot du coach pour transformer l’essai sur le long terme
Une prise de masse fessière, ce n’est pas une question de semaines mais de mois de travail bien ciblé. Comptez au moins trois à six mois avec un programme cohérent avant de voir une vraie différence dans le miroir. La patience fait partie du contrat.
Mon astuce concrète : avant chaque séance jambes, faites deux minutes d’activation avec un mini-élastique autour des genoux (marche latérale, ponts au sol). Cela « réveille » les fessiers et les rend plus disponibles pendant les gros exercices. Pensez aussi à la connexion cerveau-muscle : ralentissez la phase descendante, serrez volontairement les fesses en haut du mouvement, marquez une seconde de contraction. Ce sont ces détails qui font basculer un exercice de « travail des cuisses » à « travail des fesses ».
Alors la prochaine fois que vous entrez en salle, posez-vous la question : est-ce que je fais des squats par habitude, ou est-ce que je construis vraiment ce que je veux voir dans le miroir ? La différence entre un an de frustration et un an de progrès tient souvent à cette simple lucidité.

