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Je m’entraînais aux heures les moins chaudes en pensant bien faire : un médecin du sport m’a montré que je ne changeais pas du tout la bonne chose


Source: DR

Vous décalez vos footings à 7 h du matin ou 21 h le soir en pensant avoir résolu le problème de la chaleur ? Mauvaise nouvelle : ça ne suffit pas. En pleine vague de chaleur, avec des thermomètres qui flirtent avec les 35 °C dans le Sud et une bonne partie du pays en vigilance orange, changer d’horaire est un pansement sur une jambe de bois. Un médecin du sport me l’a confirmé récemment : ce n’est pas l’heure qu’il faut modifier en priorité, c’est le milieu dans lequel vous vous entraînez. Explication.

Changer d’horaire ne suffit pas : c’est le milieu qui fait toute la différence face à la canicule

On s’accroche tous à cette idée rassurante : « Si je cours à l’aube ou à la nuit tombée, je suis tranquille. » Sauf que même à 7 h, quand la nuit a été tropicale, l’air reste chaud, humide, et la thermorégulation de votre corps rame déjà. Résultat : maux de tête, crampes, nausées, sensation de coton dans les jambes… Ce sont les premiers signes du coup de chaleur d’exercice, une urgence médicale qui peut engager le pronostic vital. Et contrairement à ce qu’on croit, il ne concerne pas que les sportifs débutants ou les seniors : tout le monde est exposé, y compris les habitués bien entraînés.

Les autorités le rappellent depuis le début de cet épisode caniculaire : il faut réduire l’intensité, privilégier les activités douces et éviter toute pratique en plein soleil. Le ministère des Sports a même appelé les organisateurs d’événements à la plus grande vigilance. Bref, décaler son créneau, c’est bien. Changer d’environnement, c’est mieux. Et c’est là qu’intervient le vrai levier : l’eau.

Dans l’eau, votre corps évacue la chaleur beaucoup plus vite : misez sur la natation et l’aquagym

Voilà le point que m’a martelé le médecin du sport : quand vous vous entraînez dans l’eau, votre corps dissipe la chaleur bien plus efficacement que dans l’air. La raison est simple : l’eau conduit la chaleur mien mieux que l’air ambiant, donc dès que vous bougez, la chaleur produite par vos muscles est évacuée en continu par le milieu qui vous entoure. Pas de sensation d’étouffement, pas de surchauffe silencieuse, pas de fréquence cardiaque qui s’emballe pour tenter de refroidir la machine. C’est pour cette raison que la natation et l’aquagym sont présentées comme des valeurs sûres quand le mercure grimpe.

Autre avantage souvent sous-estimé : l’eau offre une résistance douce et continue, parfaite pour bosser le cardio et le renforcement musculaire sans traumatiser les articulations. Vous travaillez les cuisses, le dos, les épaules, le gainage… sans les impacts d’un footing sur le bitume brûlant. Idéal si vous avez un genou capricieux, une reprise après longue pause, ou simplement l’envie de continuer à progresser sans finir la séance à l’ombre, tête entre les mains.

Et si la piscine est fermée ou bondée ? Sur terre, gardez les créneaux les plus frais pour des activités volontairement modérées : yoga, Pilates, vélo tranquille, marche active à l’ombre. Ce sont des options intéressantes, mais elles ne remplacent pas l’atout thermique de l’eau lors des pics.

Le mot du coach : les réflexes malins pour transformer chaque séance aquatique en alliée anti-chaleur

Se mettre à l’eau, c’est déjà 80 % du boulot. Reste à ne pas saboter le reste. Voici les réflexes à adopter pour que la séance reste un vrai bénéfice santé, pas une fausse bonne idée :

  • Hydratez-vous avant, pendant et après, même dans l’eau : on transpire aussi en nageant, on ne le sent juste pas. Visez au moins 500 ml d’eau par heure d’effort.
  • Choisissez une piscine couverte ou ombragée. En extérieur, un bassin non ombragé peut chauffer et vous exposer aux UV en même temps.
  • Adaptez l’intensité : même si l’eau vous rafraîchit, un 1500 m en crawl à fond reste un effort intense. Alternez longueurs actives et récup.
  • Privilégiez l’aquagym, l’aquabike ou la nage tranquille si vous reprenez ou si vous êtes fatigué par la chaleur des jours précédents.
  • Écoutez les signaux d’alerte : mal de tête, vertiges, crampes, nausées. On sort, on se rafraîchit, on s’hydrate, on ne joue pas les héros.

Le message à retenir : par forte chaleur, ce n’est pas votre montre qui doit décider de la séance, c’est votre environnement. Passer du bitume à l’eau, ce n’est pas renoncer à s’entraîner, c’est s’entraîner intelligemment. Et si cet été vous fait redécouvrir les vertus du bassin municipal, tant mieux : et si c’était le bon moment pour intégrer une séance d’eau par semaine à votre routine, même quand les températures redescendront ?