Un point de côté et un essoufflement, ce n’est pas la même chose. Le premier est une douleur mécanique, localisée, presque électrique. Le second traduit un manque d’oxygène généralisé. Beaucoup de coureurs confondent les deux et cherchent la solution du mauvais côté, si vous me permettez le jeu de mots. Vous avez peut-être déjà vécu ça, en ce début d’automne où les jogging matinaux reprennent avec l’air plus frais : dès le troisième kilomètre, cette pointe qui vous plie en deux sur le côté droit, alors que votre souffle, lui, tenait plutôt bien la cadence. La caméra a parfois plus de flair qu’un coach à l’oreille. Il a suffi d’un smartphone posé sur un trépied, une course filmée de profil, pour comprendre que le problème ne venait pas des poumons, mais d’ailleurs.

À retenir
  • Le point de côté est une douleur mécanique liée à la posture, tandis que l'essoufflement traduit un manque d'oxygène généralisé : il ne faut pas confondre les deux.
  • Un dos voûté comprime le diaphragme et réduit son amplitude, provoquant des spasmes musculaires localisés sous les côtes, souvent à droite à cause du foie.
  • Redresser le buste (tête tirée vers le ciel, épaules ouvertes, regard à l'horizon, respiration ventrale) et renforcer les muscles du dos 2 à 3 fois par semaine permet de faire disparaître ce point de côté en quelques semaines.

Mon dos voûté, le vrai coupable derrière ce point de côté

La vidéo était sans appel. Dès les premiers hectomètres, le buste s’affaissait légèrement vers l’avant, les épaules remontaient, la tête plongeait. Rien de dramatique en apparence, mais ce basculement progressif change complètement la donne. Courir avec le dos voûté comprime mécaniquement le diaphragme, ce muscle en forme de dôme situé juste sous les poumons qui pilote la respiration. Quand le tronc se referme, l’espace disponible pour son mouvement de va-et-vient se réduit. Le diaphragme doit alors travailler dans une position contrainte, ce qui favorise des spasmes musculaires latéraux, autrement dit ce fameux point de côté qui coupe l’élan en pleine foulée.

Ce n’est donc pas une question de capacité cardio-respiratoire, mais bien de posture. Un coureur qui s’essouffle vraiment ressent une fatigue diffuse dans tout le corps. Celui qui a un point de côté, lui, garde souvent un souffle correct, mais une gêne précise sous les côtes, à droite le plus souvent, car le foie exerce une traction supplémentaire sur le diaphragme à chaque impact au sol. Le voûtement du dos amplifie cette traction en réduisant l’amplitude respiratoire disponible.

Redresser son buste : la technique qui libère le diaphragme

La bonne nouvelle, c’est que la correction ne demande ni matériel, ni séance supplémentaire. Elle se travaille directement pendant la course, en quelques ajustements simples à intégrer dans votre routine :

  • Imaginez un fil invisible qui part du sommet du crâne et tire légèrement vers le ciel, sans crisper la nuque
  • Ouvrez la cage thoracique en écartant doucement les épaules vers l’arrière, sans les hausser
  • Gardez le regard à l’horizon plutôt que fixé sur le bitume à vos pieds
  • Engagez légèrement le bas-ventre pour stabiliser le bassin, sans bloquer la respiration
  • Respirez avec le ventre, en laissant le diaphragme descendre librement à chaque inspiration

Ce redressement libère instantanément de l’espace pour le diaphragme. La cage thoracique retrouve son amplitude naturelle, l’air circule mieux, et la traction sur les organes internes diminue. Beaucoup de coureurs constatent une nette amélioration dès les premières sorties où ils appliquent consciemment cette posture, surtout sur les distances où le point de côté apparaissait systématiquement autour du même kilométrage.

Un détail à ne pas négliger : la fatigue posturale s’installe souvent progressivement. On démarre droit, puis on s’affaisse sans s’en rendre compte à mesure que les jambes fatiguent. C’est pour ça qu’un contrôle régulier, toutes les quelques minutes, fait toute la différence sur les sorties longues.

Le conseil de coach qui change tout sur la durée

La posture ne se corrige pas uniquement pendant l’effort, elle se construit aussi en dehors. Un dos qui a tendance à s’arrondir en course reflète souvent des heures passées assis, penché sur un écran, épaules enroulées. Renforcer les muscles du dos et des lombaires, deux à trois fois par semaine, aide à maintenir naturellement une posture plus droite, même en fatigue de fin de course. Le gainage dorsal, les tirages horizontaux ou simplement quelques minutes d’étirement de la chaîne antérieure du buste suffisent à faire une vraie différence sur la durée.

Mon astuce personnelle : filmez-vous une fois par mois, toujours de profil, sur une courte portion de votre parcours habituel. Ce simple réflexe permet de repérer les mauvaises habitudes avant qu’elles ne s’installent, sans avoir besoin d’un œil extérieur à chaque sortie. La caméra ne ment jamais, et parfois, elle en dit bien plus long que les sensations du moment.

Ce point de côté qui gâchait vos sorties n’était donc pas un problème de souffle, mais de posture. En redressant simplement le buste et en renforçant régulièrement le dos, la plupart des coureurs voient cette gêne disparaître en quelques semaines. Et si vous profitiez de votre prochaine sortie pour observer, mentalement ou à la caméra, la position réelle de votre buste au fil des kilomètres ?